Fourmis 2070#

Fourmis 2070# :

MG Paris libère des fourmis géantes à la Yellow Cube Gallery

Des fourmis à taille humaine envahissent la Yellow Cube Gallery pour cette nouvelle expo organisée du 18 au 28 octobre par MG Paris/Monteoliveto Gallery ! 

“Elles (les fourmis) sont plus, infiniment plus nombreuses que nous. Elles possèdent plus de cités, elles occupent beaucoup plus de niches écologiques : Elles vivent dans les zones sèches, glacées, chaudes ou humides où nul homme ne saurait survivre. Où que se porte notre regard, i y a des fourmis, elles étaient là cent millions d’années avant nous …” Edmond Wells Encyclopédie du savoir relatif et absolu. Bernard Werber, Les Fourmis, édition Albin Michel 1991

À partir de l’installation présentée par l’artiste italien Stefano Di Maulo en 2009/2010 à Naples et à Nice, l’exposition Fourmis 2070# offre un regard subtil sur les mondes cachés, pour attirer l’œil du public sur l’extrêmement petit et le miraculeusement bien organisé.

Dix ans après, le message de l’œuvre reste aussi fort et plus actuel que jamais, oscillant entre doigt pointé et bribes de solutions. Un univers à la “Chérie, j’ai rétréci les gosses”, accompagné d’une puissante thématique écologique et politique.

À voir et à revoir !

Vernissage : mardi 20 octobre à partir de 19h dans le respect des normes sanitaires et des gestes barrière. Rendez vous sur FEVER pour choisir votre créneau

En savoir plus …

D’ailleurs, si des extraterrestres débarquaient un jour sur notre planète, ils ne s’y tromperaient pas. Ils chercheraient sans aucun doute à discuter avec elles. Elles : les vrais maîtres de la Terre”. Bernard Werber, Les Fourmis, éd. Albin Michel 1991

Ces phrases, tirées du roman de Bernard Werber présentent l’exposition personnelle de l’artiste Stefano Di Maulo qui envahit les lieux de la Yellow Cube Gallery avec ses fourmis, installations multicolores, pour attirer l’attention du spectateur sur ces « mondes cachés », souvent ignorés, en invitant l’homme à les redécouvrir pour en admirer la beauté et l’authenticité.

L’artiste

Stefano Di Maulo est né à Rome en 1958. Son activité artistique commence dans les années 80 avec la création de sculptures en céramique, puis il choisit d’explorer le potentiel des nouveaux matériaux et commence à travailler sur la série des «expérimentations formelles » et son chemin polyédrique le conduira vers la 2ème moitié des années 90 à la modélisation des fourmis, avec des références précises à la nature humaine et à la société moderne ; une recherche discrète et solitaire cohérente et libre des modes. Il vit et travaille à Viterbo (Italie)

À quoi fait allusion Fourmis 2070 # ?  

Les artistes ont souvent tendance à être le porte-parole d’un message social par le biais de leur art. Créer les fourmis pour Stefano Di Maulo c’est suivre un processus qui vise à s’éloigner de cette idée de socialisation, non pas à exalter ou mettre en garde l’homme (dans son acception d’individu) ou la société, dont il est le créateur et le produit, ni la présomption, d’ailleurs utopique, de la modifier pour la rendre parfaite. L’artiste cherche plutôt à alerter l’esprit humain à l’égard de ce qui existe, mais que l’on ne voit pas, par distraction ou par négligence, en attirant l’attention du spectateur sur les «petites choses» qui, dans notre vie quotidienne sont la plupart du temps, de plus en plus délaissées. Les fourmis deviennent ainsi un outil utile à l’artiste pour envahir les espaces et diffuser cette idée grâce à des installations qui changent continuellement de signification, par de nouvelles dispositions colorées.

Derrière ce paradoxe, comparer la société parfaite des fourmis à la nôtre, se cache une ironie provocatrice. L’homme, même s’il a subi une profonde évolution au cours des millénaires, est le seul être vivant doté d’intelligence et malgré cela, il va souvent contre la nature, et frise l’autodestruction. Nous avons perdu la valeur du temps ainsi que le contact avec la nature et la vie de relations avec nos propres semblables. Et ceci encore plus dans notre période envahie par la nouvelle technologie …. L’importance de la production dimaulienne c’est donc le désir de rapprocher l’observateur (c’est-à -dire l’homme) à un sentiment de respect profond pour la création, pour les êtres les plus vulnérables, qui risquent d’être piétinés comme si leur présence n’était pas perçue, car moins visible que ce qui est, au contraire, à portée de main. La fourmi évoque un message de beauté, qui origine la découverte d’une nouvelle dimension intérieure. Selon Di Maulo même, celui qui voit pour la première fois une de ses « armées de sculptures » trace avec la pensée un chemin de retour à l’enfance, lorsque l’esprit est pur, à la recherche d’une spontanéité rendue vaine par le temps.

À quoi se réfère donc Fourmis 2070 # ? Quelle est la signification d’un tel titre ? Selon la théorie extravagante avancée par Di Maulo, si les êtres humains continuent toujours et seulement à prendre sans donner, ils finiront par détruire leur propre habitat et, contrairement aux fourmis qui, tout en vivant en marge font partie de sociétés bien organisées, pourraient n’avoir plus rien à sauvegarder en 2070 et même se trouver en position de subordination par rapport aux fourmis.

Certes, l’artiste ne souhaite pas à l’humanité un sort aussi grotesque. Plus simplement, il espère que d’ici là, les fourmis auront « métaphoriquement » envahi sinon le monde au sens strict, au moins les galeries, les musées et les rues du monde entier, en diffusant leur message de paix : le «formicanesimo».